Moins mais mieux.

Ces deux dernières saisons ont été marquées par la crise du COVID-19. Et les juniors comme de nombreux sportifs ont été impacté par cette pandémie, venant réduire les compétitions et les entraînements.
Quel bilan peut-on tirer de cette période ? Tout d’abord, on a pu remarquer que les coureurs ont augmenté mécaniquement le volume d’entraînement. En ne pouvant courir par l’absence ou l’interdiction de compétition, les jeunes ont profité pour aller faire de belles sorties à vélo, augmentant les distances et la durée des sorties.
Ensuite, le peu de compétitions qui ont eu lieu se sont déroulés à des vitesses élevées. Vitesse élevée car le niveau au global a augmenté. Le haut du panier est de plus en plus large. Pour preuve, le volume annuel d’un junior a augmenté en moyenne de 1500 km par an. Ce n’est pas anodin. Sur la saison 2021, les coureurs ont moins couru au final, avec une saison qui a débuté fin mai pour se terminer mi octobre, mais ce sont plus entraînés.
A rouler vite avec un braquet limité (sur les courses internationales de l’UCI), les chutes ont augmentées également. C’est la première conséquence négative du COVID-19. Un manque de pratique technique est indiscutable, et le braquet limité amène à tourner les pédales à plus de 120 tours par minute. Dangereux.
Cette saison 2021, on a pu constater que le niveau global a progressé, et que la concurrence est de plus en plus vive. Fini les courses UCI maîtrisées par trois ou quatre coureurs. Ils sont plus d’une vingtaine à se disputer la victoire. Et pour prendre le dessus sur une course, il faut s’y employer. En gros, c’est les championnats du monde tous les weeks-end…

Face à cela, le constat est simple: pour performer, il faut mieux s’entraîner… et mieux préparer les objectifs. On a vu cette saison des coureurs de premiers plans moins courir et aller chercher des performances. C’est le cas du Norvégien champion du monde, Per Strand Hagenes, qui n’a pas couru avant les championnats nationaux de juin et qui a terminé sa saison à Paris Roubaix début octobre. Une saison éclaire avec 9 succès.
Donc pour performer, il faut mieux s’entraîner, quitte à moins courir.
Il est vrai que partir chaque week-end pour aller faire une course dont dès fois l’intérêt est discutable dans la progression du coureur consomme beaucoup d’énergie et est également coûteuse financièrement. Choisir, c’est renoncer.
En plaçant le coureur au centre de son projet, de sa formation et de son calendrier de courses, la gestion de la saison prend toute son importance. La coordination du programme de saison du coureur est capitale pour que tous les acteurs l’accompagnent au mieux.
En alternant des temps de repos – nécessaires à la récupération et à l’assimilation des charges d’entraînement – à des périodes d’entraînement qualitatif, on sort du rituel «3 semaines de coupure annuel et 6 mois de saison non stop». Maintenant, les micro-coupures deviennent le maître-mot de la préparation, tout comme les micro-stages durant la saison.
En fixant des objectifs précis, le coureur peut mieux les préparer et les réussir. Finalement, courir «comme un pro» permet d’atteindre les objectifs d’une part, mais également passer des caps importants dans la progression d’autre part.

En trois mots, moins mais mieux.

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